On utilise toutes sortes de termes plus ou moins péjoratifs pour exprimer une autre réalité économique que la nôtre : pays en développement, pays sous-développés, Tiers-Monde. En 1981, l’économiste néerlandais Antoine Van Agtmael a lancé le terme de pays émergents pour mieux décrire la situation de pays du Tiers-monde sur le point de rivaliser avec les grandes puissances économiques. Notre autre partenaire de l’ALENA, le Mexique, fait partie de ce club. L’extrême pauvreté côtoie la richesse. Selon le magazine Forbes, l’homme le plus riche de la planète est mexicain : il s’agit de Carlos Slim Helu dont la fortune est évaluée à plus de 53 milliards de dollars tout juste devant Bill Gates et Warren Buffett . Selon le FMI, en 2005, le PIB par habitant du Mexique se situait au 65ième rang mondial. Au-delà de l’anecdote que présente cette comparaison, le Mexique souffre en plus d’importantes disparités régionales . Que ce soit en termes d’alphabétisation ou de mortalité infantiles, le sud du Mexique est très loin des niveaux de développement que connaissent certains quartiers de Mexico City ou de l’agglomération de Monterrey. Quant aux villes situées sur la frontière américaine, le taux de criminalité y est si élevé que l’ancien président mexicain, Vicente Fox, propose de légaliser le commerce de la drogue pour couper l’herbe (sans jeu de mots) sous le pied des narcotrafiquants.  Flag of Mexico.svg


Dans les entreprises mexicaines, les conditions de travail et les salaires sont bien sûr inférieurs à ce qui paie aux États-Unis ou au Canada.  Selon mon expérience, un travailleur mexicain gagne en une journée ce que son équivalent montréalais reçoit en une heure ce que confirme plus ou moins une étude d’UBS publié en 2009 .
D’ici, on pourrait penser que les mexicains travaillent dans de petites échoppes et avec des équipements datant du Moyen-Âge. Il m’aura suffi de quelques voyages au Mexique pour me convaincre du contraire. Les toutes dernières technologies sont bien implantées mais il y a plus.

Les multinationales qui s’étaient aventurées au Mexique au début de l’Alena ont été refroidies par les nombreuses difficultés rencontrées. Elles y retournent maintenant car les mexicains sont plus déterminés à profiter de la mondialisation. Les entreprises que j’ai visitées ont implanté le 5S, des kaizen, des tableaux de bord et le taux de rendement synthétique (OEE).

Les travailleurs sont éduqués. Selon Business Week, 450,000 mexicains sont actuellement inscrit au bac en génie contre 350,000 aux Etats-Unis.

Le Mexique est un des plus importants partenaires commerciaux du Québec notamment dans les industries de l’aéronautique et des télécommunications. Une dizaine d’entreprises québécoises sont établies au Mexique dont Bombardier, Mega Brands, Transcontinental, Louis Garneau et Camoplast .

Les québécois, et les canadiens sont plus appréciés des mexicains que ne le sont les américains. Comme nous sommes bilingues pour la plupart, apprendre une troisième langue ou ses rudiments nous vient plus naturellement. Nous semblons également avoir des affinités culturelles avec les mexicains : nous aimons prendre le temps de partager un repas et aller au-delà des simples formalités d’usage.

Si votre entreprise compte explorer de nouveaux marchés après s’être implantée aux États-Unis, prenez le temps de découvrir le Mexique et ses gens d’affaires.

Hasta Luego amigos !

 

http://www.forbes.com/lists/2010/10/billionaires-2010_Carlos-Slim-Helu-family_WYDJ.html
  http://webfrancia.info/2010/02/09/pauvrete-les-oublies-du-mexique/

  http://www.rue89.com/2010/08/10/lex-president-mexicain-fox-veut-legaliser-les-drogues-161665

  http://www.ubs.com/1/f/media_overview/media_global/releases?newsId=170263

http://www.businessweek.com/magazine/content/06_21/b3985070.htm
  http://portal.sre.gob.mx/montrealfrances/pdf/2011RelMexQuefr.pdf